02.04.2010
BULLETIN No7

Le bulletin de liaison no7 est paru.
Qu'on se le dise !
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17.10.2009
MEMBRES DE QUEY'RACINES EN ALLEMAGNE
24 au 27 septembre 2009
“Retour en Queyras“ rend visite aux vaudois de Wurmberg
Cinq heures du matin à Arvieux : nous partîmes vingt-cinq mais par un prompt renfort, nous étions bien cinquante en arrivant au port, autrement dit à Pforzheim, destination du voyage. Entre temps nous avions récupéré à Briançon, du fait des travaux dans les gorges, nos amis de Guillestre. L'accueil chaleureux de nos amis allemands, la marche triomphale jouée par les cuivres, la joie de revoir tant de visages amicaux, tout contribuait à créer une émotion intense. La presse allemande a relaté ces moments très forts.
Le lendemain la journée commence par la visite du hameau de Serres dont la place rénovée porte le nom “Platz des Patoua“. Des dames en costume vaudois, coiffe et châle blancs, nous attendent avec leur café, leurs gâteaux et leurs bouteilles de schnaps de pomme, pour nous souhaiter la bienvenue. Sur les murs des inscriptions rappellent que Serres a perdu nombre de ses fils, aux noms souvent bien français, lors des deux guerres de 14-18 et de 39-45 - “Eux aussi !“ ne peut-on s'empêcher de penser – et explique que le “patoua“ est la langue des fondateurs du hameau, que de nombreux lieux-dits dans les environs portent des noms tel que Glaise, Gametlepaïre (Gamet le père), Baraketlibju (baraque du boeuf)... Nos interlocuteurs allemands, curieux, sont ravis de comprendre enfin le sens de ces noms. Dans cet autre village, Pinache (du nom de Pinasco aujourd'hui en Italie), nous apprenons que les réfugiés vaudois ont occupé les maisons, le plus souvent en ruines, de familles disparues suite aux pillages, disettes et épidémies de toutes sortes, pendant la guerre de trente ans. Dans un troisième, les réfugiés ont installé leurs abris de fortune dans les fossés des fortifications, souvent un simple trou dans la terre avec sans doute une couverture de branchages, et y sont restés quatre ans avant de bénéficier d'une maison.
Au début, nous explique-t-on, tous les actes de la vie locale religieuse et économique se font en patois. Mais vers 1840, un décret impose la langue allemande aussi bien au culte qu'à l'école. Dès lors le patois va disparaître peu à peu, d'autant que des gens de l'extérieur s'installent dans les villages vaudois. Pourtant il va résister pendant un siècle encore puisque la dernière personne parlant cette langue est morte en 1952.
Après la visite du musée Mercedes à Stuttgart, c'est le concours de boules, les soirées animées par nos hôtes à la guitare ou par la chorale vieille de plus d'un siècle, et puis c'est, le dernier jour, le culte en français et en allemand. Après un dernier repas en commun, l'orchestre entonne le chant des adieux et tous chantent avec conviction : “Ce n'est qu'un au-revoir mes frères“ car d'un côté comme de l'autre, on est bien décidé à se revoir.
Et quand le car s'en va les enfants agitent avec frénésie leurs mouchoirs blancs (un dans chaque main) et courent sur le trottoir pour retarder le plus possible ce moment où ils ne nous verront plus.
Amicalement réunis : Pierre Blanc (à gauche), Martine Dalmas, le bourgmestre Sickmüller et Raymonde Blanc.
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23.09.2009
QUEYRACINES A LA FOIRE DE CHATEAU VILLE VIEILLE
La dictée
La météo l'a annoncé: pluie en fin de matinée et l'après-midi.
Montage des stands, les tentes sont encore ruisselantes des averses de la nuit, mais le soleil est là, il faut savoir en profiter en attendant que... La « tente- salle de classe » avec ses bancs et son tableau noir sont installés, prêts à accueillir les élèves. Et les hauts parleurs diffusent l'information : cet après-midi, à 14 h 30, dictée et problèmes du certificat d'études à la mode 1900.
Midi, le ciel se couvre. Déjà ? Non, on peut avaler sans crainte le repas préparé par les agriculteurs du Queyras.
14 h 20 : personne devant « l'école ». Va-t-on vers un fiasco ? Attendons encore un peu. Bientôt de jeunes enfants prennent d'assaut les premiers rangs puis les adultes s'installent. Distribution de feuilles blanches frappées au tampon de Queyracines, à l'encre violette comme il se doit, et de crayons. Panique ! Les dix sept places disponibles sont occupées et les gens arrivent toujours. Vite on fait venir 20 chaises supplémentaires, et on distribue des calendriers rigides en guise de sous-mains.
L'instituteur arrive avec ses trois plumes et le commentaire circule : l'une pour la lecture et l'écriture, l'autre pour le calcul, la troisième pour le latin. Chacun salue ce savant qui a accepté de nous communiquer cet après-midi un peu de sa science. Les personnes debout sont maintenant aussi nombreuses que celles qui sont assises. Une intervention discrète de M. le Maire et la sono se tait. Première lecture du texte ; la dictée commence avec une légère insistance sur les consonnes doubles et les subtilités orthographiques, et répétitions pour les plus jeunes qui écrivent plus lentement.
Voilà, c'est fait, on peut corriger. « Taisez vous, les bancs du fond ! ». Chaque phrase est reprise avec mention des accords qu'une main dévouée écrit au tableau afin que nul n'en ignore. Chacun fait son bilan et reprend sa feuille après avoir daté pour pouvoir constater ses progrès l'an prochain, lors de la prochaine dictée.
Le ciel tient toujours bon. On peut passer aux problèmes. Cette fois ce ne sont plus les places assises qui manquent. Mais les passionnés sont là. On évoque quelques souvenirs terrifiants de robinets qui fuient et de trains qui se croisent. Peu en faudrait qu'on en ait froid dans le dos. Mais il ne s'agit aujourd'hui que de mélanges d'eau et de vin – quelle horreur - et de l'âge d'un père et de son fils. Réflexion, correction, contestations ; on reprend. Ça y est tout le monde est d'accord. Une jeune mère de famille a le mot de la fin en constatant, admirative, que les anciens se coltinaient avec des problèmes qui n'étaient pas simples du tout. “Donnez-moi des fonctions, des équations, oui, mais là il faut raisonner sans aucun outil...“
C'est fini. Démontage et rangement du stand. Il est bientôt dix-neuf heures. Le ciel a attendu pour ouvrir ses vannes, mais cette fois il n'en peut plus. Il déverse cette pluie généreuse que la météo avait promise.
La journée fut belle, belle, belle!
Aucune vache à l’horizon, elles ont visiblement peu de goût pour les choses de l’esprit...c’est bien décevant.
En revanche, les chevaux, très intéressés, ont assisté à toute la classe, problèmes y compris, Si, si !
Remerciements particuliers à Pierrot, l’ami de Souliers (sur la photo devant les chevaux). C’est lui qui s’est occupé de la tente et qui a installé tous les bureaux.
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